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L'art du mémoire

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L'art du mémoire
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15 février 2008

LE LIEVRE ET LA TORTUE

Tout le monde connaît la fable de Jean de La Fontaine. Donc point besoin de vous la raconter, mais peut-être n'est-il pas inutile d'en méditer à nouveau la morale avant de commencer un mémoire.
Les étudiants qui préparent un mémoire se comportent souvent comme le Lièvre de la fable. Ils batifolent dans les bibliothèques,  surfent sur l'internet, griffonnent sur des Post it des bouts d'idées. Il sera bien temps, pensent-ils, de se mettre au travail quelques semaines avant la date de remise du mémoire. Après tout 100 pages à rédiger(*), ce n'est pas le bout du monde...
Quand s'approche la fin de l'année universitaire, ils s'attaquent enfin véritablement à leur ouvrage. Hélas, tout se bouscule alors: ils  ne retrouvent plus les documents qu'ils avaient négligemment classés; les personnes qu'ils pensaient rencontrer pour un entretien ne sont pas disponibles; les idées se mélangent et se brouillent et, parfois même, ils ne savent plus ce qu'ils cherchent.  Et tout cela arrive alors qu'il faut réviser pour les examens.
Mieux vaut, c'est sûr, se comporter comme la Tortue, peut-être laborieuse mais parvenant au but en temps voulu

(*) Ou 30 pages pour le mini-mémoire en Master 1 de l'IFP.

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27 janvier 2006

HISTOIRE DE L'HOMME QUI A PERDU SA CLEF

C'est l'histoire d'un bonhomme qui a perdu sa clef. Il la cherche sous un lampadaire. Arrive un autre bonhomme.
- Que faites-vous, Monsieur?
- Ben...  je cherche ma clef.
- Mais êtes-vous sûr que vous l'avez perdue ici?
- Non, absolument pas. Mais c'est le seul endroit où il y a de la lumière!

Vous ne voyez pas en quoi cette petite histoire peut bien se rapporter à votre mémoire? Alors lisez la suite.

Lorsqu'on est confronté à une sujet qu'on connaît mal, la tentation est grande de se précipiter dans une bibliothèque, comme les abeilles sur le miel, et de chercher tous les livres se rapportant à ce sujet pour les lire avec avidité. C'est qu'on appelle la gloutenerie livresque. Funeste erreur!

Que risque-t-il d'arriver si on procède ainsi? On va peut-être trouver des ouvrages se rapportant, en effet, au sujet qui nous intéresse; mais ils seront probablement de pertinence, de qualité et d'intérêt très variables. On va également trouver des ouvrages qui semblent en apparence se rapporter au sujet, mais qui, après lecture, ne l'abordent que marginalement, ou selon une perspective qui ne nous intéresse pas du tout.

Conséquence: si on se lance dans la lecture echevelée de ces ouvrages, on va se retrouver très vite désorienté. Il arrive même qu'on ne sache plus ce que l'on cherche tant ces ouvrages ouvrent des questions nouvelles qui nous détournent de notre sujet initial. Bref, on va se retrouver la tête pleine de choses inutiles, comme le glouton se retrouve l'estomac chargé d'aliments superflus.
En même temps, en procédant de cette manière, on risque de passer à côté d'ouvrages importants ou indispensables qui ne sont pas dans la bibliothèque où on s'est précipité.

Encore une fois (excusez-moi, si je me répète, mais la pédagogie n'est-elle pas l'art de la répétitition?), avant de commencer à se documenter pour son mémoire, il faut savoir avec précision ce qu'on cherche.  Et au départ, on n'a pas besoin d'un grand nombre d'ouvrages: un bon dictionnaire pour définir rigourusement les termes de la recherche; une encyclopédie pour avoir une vision synthétique du sujet; un ou deux manuels faisant le point des connaissances académiques sur le sujet. Sans oublier son bon sens.

Ce n'est que lorsqu'on aura formulé une question de recherche et surtout un début de problématique que l'on pourra, non pas lire, mais inventorier les centres de ressources puis commencer une première recherche bibliographique - c'est à dire faire une liste des ouvrages et articles qu'il serait souhaitable de lire. (Je donnerai des indications sur la méthode à suivre pour effectuer une recherche bibliographique dans un autre billet).

Les étudiants ont souvent de la peine à concevoir qu'il ne faille pas trop lire lorsqu'on commence à travailler sur son mémoire. (Et c'est bien naturel puisque depuis qu'ils sont tout petits, leurs parents et leurs maîtres d'école n'arrêtent pas de leur répéter qu'il FAUT lire!). C 'est pourquoi j'ai recours  à cette petite histoire en espérant qu'elle rend plus concret mon message. Et puis, ne vous vous inquiétez pas: vous allez lire, et même beaucoup lire, dans les phases ultérieures de votre mémoire!

On résume: en commençant votre mémoire, ne faites pas comme l'homme qui a perdu sa clef, en cherchant des documents seulement là où il y a de la lumière (i.e. dans la bibliothèque la plus proche ou pire encore, sur google). Commencez par vous demander ce que vous cherchez et là où vous pourriez le trouver. C'est ce qu'aurait dû faire l'homme qui a perdu sa clef, en se demandant où il pouvait bien avoir perdu sa clef,  puis en organisant à cet endroit un plan de recherche et en se dotant d'une lampe de poche (votre lampe de poche à vous, ce sera la problématique). 

18 janvier 2006

DEDUIRE OU INDUIRE ?

L'iinduction et la déduction sont deux modes de raisonnement communément utilisés dans une démarche scientifique.
L'induction consiste à partir d'observations pour en tirer (on dit aussi inférer) une règle générale.
La déduction est la démarche inverse et consiste à partir d'une règle générale pour en tirer des conclusions ou des conséquences.

Exemple:
Induction: Je fais chauffer de l'eau au niveau de la mer, puis à une altitude de 1700 mètres, enfin à une altitude de 2930 mètres. Je mesure chaque fois la température à laquelle se produit l'ébulltion et je constate qu'elle est respectivement de 100 dégrés celsius, 94 et 89. J'en induis que la température d'ébullition de l'eau varie en fonction de l'altitude, et plus généralement de la pression atmosphérique.
Déduction: Je lis la définition de l'ébullition dans un manuel de physique-chimie: "Un liquide entre en ébullition lorsque la pression de sa vapeur saturante est égale à la pression qu'il supporte". J'en déduis qu'il me sera difficile de cuire un oeuf dur au sommet du Mont Blanc.

La connaissance scientifique fonctionne comme une sorte de roue faisant appel à la fois à l'induction et à la déduction.
A) Soit on part d'une théorie existante pour élaborer une hypothèse qui sera testée à partir d'observations empiriques. En fonction des résultats obtenus, on confirmera ou on révisera la théorie de départ. Puis, d'autres chercheurs continuent le processus en servant de la théorie (modifiée ou confortée).
B) Soit on part d'observations empiriques pour proposer une théorie (ou un théorème ou une règle générale). Cette théorie est reprise par d'autres chercheurs (ou étudiants) pour mener des observations empiriques (suivant le processus A décrit ci-dessus).

Lorsqu'on on réalise une petite recherche, comme celle associée à un mémoire, il est généralement plus facile de procéder par déduction, c'est à dire de partir d'une théorie existante qu'on utilisera pour bâtir une dispositif d'observation. Et on aboutira à un mémoire construit suivant le plan suivant: présentation de la théorie retenue, étude de cas empirique, discussion de la théorie retenue.

8 janvier 2006

A QUOI SERT UN MEMOIRE ?

Certains étudiants ne comprennent pas l'intérêt de l'exercice du mémoire de master et considérent celui-ci comme une obligation de scolarité un peu pénible dont il faut malheureusement s'acquitter. Si vous êtes dans un tel état d'esprit, vous allez non seulement compliquer votre tâche (car ce qu'on fait sans entrain est toujours plus difficile), mais surtout passer à côté d'une opportunité unique d'apprendre ou de perfectionner des techniques et des savoir-faire qui pourront vous être utiles par la suite dans votre carrière professionnelle, ou même dans votre vie de citoyen ou votre vie personnelle.

10 savoir-faire qu'on peut apprendre ou perfectionner en faisant un mémoire

  1. prendre des notes
  2.  organiser une documentation
  3. rechercher, évaluer, trier et présenter des références bibliographiques
  4.  analyser des données quantitatives puis les présenter à l’aide de graphiques ou de tableaux
  5.  préparer, mener et exploiter un entretien
  6. se familiariser avec des modes de raisonnement ou d'analyse scientifiques
  7. développer des capacités d'argumentation et apprendre à mettre en valeur des idées
  8. améliorer son style, sa syntaxe et son orthographe et connaître certaines règles de typographie communément utilisées
  9. exploiter des fonctions avancées de votre traitement de texte
  10.  planifier son temps et mieux apprécier le temps nécessaire pour effectuer une tâche intellectuelle.

Plus généralement, réaliser un mémoire va vous permettre d'aiguiser votre sens critique et d'être plus méthodique dans votre façon de penser, de gérer des informations ou d'utiliser vos connaissances.

En dehors de cet apport méthodologique et technique, réaliser un mémoire présente plusieurs autres intérêts:

  • si vous êtes en master recherche et avez envie d'entreprendre ensuite une thèse, c'est un galop d'essai qui vous permettra d'évaluer vos aptitudes à mener un travail de recherche. Si vous vous apercevez que vous avez du mal à terminer votre mémoire de master, il vaut mieux ne pas envisager une carrière universitaire. De toute façon, il est peu probable que vous puissiez vous inscrire en thèse si vous n'avez pas produit un bon mémoire de master. (Au passage, signalons que le mémoire de master peut très bien se concevoir comme la première étape d'une thèse).
  • le mémoire va vous donner l'occasion d'étudier en profondeur un domaine ou un secteur d'activités qui vous attire. Il vous permettra peut-être de nouer des contacts qui vous seront utiles lorsque vous vous engagerez dans votre vie professionnelle, ou tout simplement mieux connaître le secteur ou le milieu où dans lequel vous avez envie de travailler.
  • le mémoire vous servira de carte de visite. Vous le mentionnerez dans votre CV et vous pourrez le présenter lors d'entretiens d'embauche. Si vous souhaitez poursuivre des études à l'étranger, le fait que vous ayez réalisé un mémoire sera souvent un plus pour votre candidature. De façon plus générale, la réalisation d'un mémoire atteste, outre de connaissances sur un sujet particulier,  de certaines capacités (d'organisation, d'analyse, de rédaction)  appréciées dans de nombreux univers professionnels, et indispensables pour occuper certaines fonctions.


Enfin, le mémoire n'est pas seulement formateur ou utile dans une perspective professionnelle. Il est parfois une occasion de se faire plaisir en se consacrant à fond à un sujet pour lequel on se passionne (et, c'est d'ailleurs peut-être la seule fois de votre vie où vous aurez autant de temps pour cela).
Il aide aussi à faire le point sur soi-même, sur ses qualités et ses limites, d'autant plus que, même si on est encadré, le mémoire est un exercice largement solitaire . En terminant leur mémoire, certains de mes étudiants ont amèrement découvert qu'ils n'avaient pas les talents (notamment de rédaction) qu'ils imaginaient avoir, mais ils ont aussi découvert qu'ils avaient des dispositions ou des aptitudes qu'ils ignoraient. A commencer par celle d'aller jusqu'au bout d'une tâche exigeante, mais tellement enrichissante.

30 décembre 2005

COMMENT NOUS SAVONS QUE CE QUE NOUS SAVONS EST VRAI ...

Un mémoire universitaire met en oeuvre une méthode de connaissance particulière: la méthode scientifique. Celle-ci est  la méthode la plus satisfaisante pour connaître la réalité et se distingue d'autres modes de connaissance, plus incertains, que nous utilisons fréquemment pour dire que quelque chose est vrai et que je vais rapidement présenter.

Nous pouvons d'abord considérer que quelque chose est vrai parce que nous l'avons appris (par exemple de nos parents ou de nos professeurs, ou encore de personnalités éminentes). C'est l'argument d'autorité, qui laisse ouverte la question initiale (comment, eux, savent-ils que ce qu'ils nous apprennent est vrai?
) mais qui souligne la dimension sociale de nos connaissances. Celles-ci découlent d'un apprentissage social et dépendent des relations que les individus nouent. Par exemple, nous sommes souvent poussés à tenir certaines choses comme vraies parce que beaucoup de personnes autour de nous pensent ainsi. Ceci a été établi aussi bien par des psychologues (par exemple ceux de l'Ecole de Palo Alto) ou des sociologues (par exemple théorie de la spirale du silence) qui ont les uns et les autres ont montré que des individus abandonnaient leurs perceptions initiales d'une situation sous l'effet de la pression sociale. 

Nous pouvons considérer certaines choses vraies parce que nous croyons qu'elles sont telles. Pendant des siècles, les religions ont été le principal mode de connaissance et ont fourni des théories, plus ou moins exhaustives, du monde. Mais, problème majeur, ce mode de connaissance, qui relève de la foi ou de la révélation, refuse l'idée de preuve ou de vérification expérimentale. D'une certaine façon, les croyances religieuses ne se discutent pas: on les accepte ou on les refuse en bloc.

Nous pouvons en troisième lieu savoir que quelque chose est vrai parce que nous l'avons vu, vécu ou expérimenté nous-mêmes. Mais nous savons aussi que nos sens peuvent nous tromper (et, ainsi  que le soleil ne tourne pas autour de la terre). Ou bien qu'il ne suffit pas de vivre quelque chose pour être capable d'en percevoir le sens. C'est le célèbre syndrome de Fabrice del Longo (dans La Chartreuse de Parme, qui, bien qu'étant au coeur de l'action, dans le feu de la bataille de Waterloo, "n'y comprenait rien du tout".

Quatrième mode de connaissance: la logique. Celle-ci apparaît comme un outil puissant pour décoder, à l'aide d'opérateurs et de règles formelles, le réel ou mettre de l'ordre dans des données. Ainsi, chacun connaît le syllogisme: Tout homme est mortel, Socrate est un homme, donc Socrate est mortel. Ou bien, nous savons que, logiquement, la cause d'un phénomène ne peut être postérieure à ce phénomène.
Toutefois, la logique présente deux limites:
- d'une part, nous ne sommes pas toujours capables de bien maîtriser son usage. Ce qui nous conduit par exemple à des sophismes, c'est à dire à des raisonnements qui, bien que semblant logiques
(et s'apparentant le plus souvent à un syllogisme), sont fallacieux. (Notons que le sophisme n'est pas toujours la manifestation d'une incapacité à maîtriser les règles de la logique, mais peut être délibérément utilisé pour tromper un auditoire).
- d'autre part, si la logique peut servir à établir la cohérence interne d'un corps connaissances, elle n'établit pas que ce corps de connaissances est conforme à la réalité telle qu'on peut l'observer empiriquement. D'où, des paradoxes tels celui d'Arrow qui montre qu'il peut y avoir contradiction entre les résultats de votes individuels prédits par la logique et ceux produits par les comportements réels.
Par rapport aux modes de connaissance précédents, la logique fait appel au raisonnement et à la formalisation. Elle nous incite à nous méfier de nos sens, de la tradition ou des arguments d'autorité. En cela, elle peut être considérée comme un préalable, nécessaire mais non suffisant, de la démarche scientifique.

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26 décembre 2005

TROUVER LE BON SUJET, OU LA CHASSE AU DAHU (2)

Bien souvent, les étudiants, après quelques cogitations plus ou moins longues, pensent avoir mis la main sur un bon sujet. Ils le soumettent alors fièrement à leur directeur de mémoire. Et celui-ci leur dit:
- C'est peut-être un bon sujet, mais tant que vous ne me dîtes pas ce que vous souhaitez chercher et comment, je n'en sais rien.

Un sujet, ce n'est pas seulement un thème qu'on souhaite étudier, mais d'abord un questionnement sur ce thème et une approche particulière.
Et pour déterminer ce sur quoi on va travailler, il faut avant tout essayer de formuler une question de recherche.
Par exemple, les blogs politiques est sans doute un thème intéressant pour un mémoire. Mais ce n'est pas un sujet. Un sujet serait plutôt une question du type: les blogs politiques bouleversent-ils les modalités de la communication politique?

Donc, une fois qu'on a déterminé le secteur qu'on souhaite étudier, il faut rédiger une question de recherche qui sera la colonne vertébrale de votre mémoire et servira de fil rouge à votre réflexion.

Voilà deux méthodes pour parvenir à rédiger cette question de recherche:
- la méthode de l'entonnoir consiste à laisser venir librement toutes les interrogations (même les plus saugrenues en apparence) qu'un sujet suscite en vous. Notez-les au fur et à mesure sur une page blanche, sans vous préoccuper de la syntaxe. Puis, dans une seconde étape, reprenez cet ensemble de questions et essayez de les regrouper. Ce travail vous conduira à fusionner certaines questions, à en reformuler d'autres, à en écarter certaines aussi qui, après réflexion, vous semblent trop éloignées de ce qui vous intéresse véritablement.
- la méthode du tamis consiste à faire une sélection d'articles de presse se rapportant au sujet auquel on s'intéresse. Une fois que vous avez réuni une bonne vingtaine d'articles, reprenez-les et demandez-vous pourquoi vous avez retenu tel article et pas tel autre. Vous ferez ainsi apparaître votre question de recherche (que vous avez utilisée implicitement, sans vous en rendre vraiment compte, pour trier vos articles.

26 décembre 2005

TROUVER LE BON SUJET, OU LA CHASSE AU DAHU

Beaucoup d'étudiants sont persuadés qu'il existe de bons et de mauvais sujets de mémoire.
Mais ce n'est pas ainsi qu'il faut raisonner car, en fait, n'importe quel sujet peut faire l'objet d'un bon mémoire: tout dépend des questions quon se pose
(je reviendrai sur ce point plus tard).

Néanmoins, il est sage de choisir avec soin ce sur quoi on va travailler. Et à cet égard, au moins trois critères doivent vous guider:
1) le sujet doit vous passionner,  voire même vous enthousiasmer (cela peut même être une bonne idée de partir de quelque chose qui vous révolte). En effet, vous allez passer  une bonne année sur le sujet que vous avez choisi et il vaut mieux qu'il ne vous ennuie pas.
2) la faisabilité. Vous devez pouvoir traiter votre sujet en l'espace d'une année et avec des ressources qui seront forcément limitées. Ce qui exclue certains sujets comparatifs (vous n'aurez sans doute pas les moyens d'aller dans d'autres pays, ou bien vous ne parlez pas la langue du pays) et certaines approches ou techniques de recherche (par exemple les enquêtes par sondage). Ceci dit, bien des sujets restent traitables pourvu qu'on prenne la peine de les réduire (je reviendrai également sur ce point plus tard).
3) l'apport en termes de connaissances. Votre mémoire doit apporter un petit plus à ce qu'on sait déjà. Cela ne signifie pas pour autant qu'on doive d'emblée écarter des sujets qui ont été beaucoup traités au cours des dernières années. On peut très bien choisir un sujet qui a déjà fait l'objet de mémoires à la condition soit de proposer une nouvelle approche, soit d'apporter de nouvelles données à l'analyse.

24 décembre 2005

L'ART DU MEMOIRE OU L'ART DU VELO

Donner des conseils à des étudiants qui doivent rédiger un mémoire, c'est un peu comme leur apprendre à faire du vélo.

Pour apprendre à faire du vélo, Il y a deux manières de procéder:
1) on vous enseigne d'abord les lois de la physique (comment un équilibre s'établit sous le jeu de plusieurs forces, quelle est la puissance nécessaire pour mouvoir un corps donné compte tenu des frottements, etc.), puis on vous met sur un vélo en vous disant qu'il s'agit simplement d'appliquer ces lois.
2) on vous met directement sur le vélo (en vous tenant quand même un peu) et on vous laisse trouver comment ça marche.

Enseigner la méthodologie ressemble assez à cette situation. On peut vous donner des conseils généraux, vous présenter une théorie générale de la confection d'un mémoire, avec des étapes à suivre et des protocoles à observer, mais il y a de bonnes chances que ces conseils vous paraissent trop abstraits, et finalement pas très utiles.
La méthodologie ne s'apprend pas, elle se pratique en tâtonnant et en se trompant. Et ce n'est que quand on a fini son mémoire qu'on sait véritablement comment il faut faire pour réaliser un mémoire.

Allez, hop, en selle!


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